Boutique Biologiquement.comL’Arbousier, des fraises en hiver

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L’arbousier commun (Arbutus unedo), est un arbuste typique des forêts occidentales méditerranéennes.

Il est surnommé l’arbre à fraises dans les pays anglo-saxons (Strawberry Tree) où sa relative rusticité lui a permis de se naturaliser jusqu’en Irlande. Au cœur de l’hiver, cet arbre au feuillage persistant garde à la fois son feuillage, ses fleurs, blanches ou roses, et ses magnifiques fruits rouge écarlate.

Des fleurs à l’automne

L’arbousier peut dépasser 10 m de haut mais il atteint plus classiquement 4 à 7 m. En isolé, son emprise au sol peut atteindre facilement 4 mètres de diamètre. Ses feuilles à bordure dentée d’une dizaine de centimètres de long sont persistantes. Ovales, vert foncé et luisantes au-dessus, elles sont riches en tanins.
Les fleurs blanc-verdâtre, en forme de clochettes blanches pendent sous forme de jolis grelots. Elles apparaissent en septembre-octobre, en même temps que les fruits et sont mellifères. Le savant grec de l’antiquité, Théophraste, disait de la fleur d’arbousier qu’elle était « creuse comme une coquille d’œuf brisée par un coup de bec ». Cela n’est guère étonnant pour un arbre qui appartient à la famille des Ericacées autrement dit des bruyères.

Des fraises en hiver

Le fruit, appelé arbouse, est une drupe charnue orangé et rouge à maturité. Sphérique et à peau rugueuse, elle est couverte de petites pointes coniques. Si sa forme et sa couleur rappellent celles des fraises, son goût est en revanche peu prononcé. Riche en vitamine C, sa chair est molle, un peu farineuse, acidulée et sucrée, et elle contient de nombreux petits pépins. Les fruits mettent un an pour arriver à maturité. Il n’est donc pas rare de voir le même rameau porter les fleurs de l’année et les fruits mûrs nés des fleurs de l’année précédente. En hiver, les arbouses constituent une nourriture très opportune pour les oiseaux en cette saison de disette.
Arbutus désigne en latin le nom de l’arbousier et arbutum celui de l’arbouse. Le botaniste Linné lui a affublé le nom d’espèce unedo d’après un texte de Pline l’Ancien qui aurait parlé en ces termes de la faible qualité gustative de ses fruits : « L’arbouse est un fruit sans mérite ; je n’en mange qu’une (unum edo) ».

Ces fruits comestibles, il est vrai un peu farineux, sont pourtant appréciés en Espagne où ils entrent dans la composition de certains gâteaux. Les arbouses figurent même sur le blason de la ville de Madrid en compagnie d’une ourse tentant de les manger !

Le fruit peut être consommé cru, être utilisé pour la confection de confitures et de pâtisseries, ou fermenté pour produire une boisson alcoolisée. Au Portugal, il entre dans la composition de l’Aguardente de Medronho, une eau de vie à base d’arbouse fermentée, vieillie 8 ans en fûts de chêne, qui titre 40% d’alcool et qui se boit en digestif.

De la Grèce à l’Irlande et sur la façade atlantique française

Présent dans l’ensemble du pourtour méditerranéen occidental, il pousse presque exclusivement sur sols siliceux, parfois sur des sols au calcaire non actif. Il est le compagnon du chêne liège (Quercus suber) et du pin maritime sur sol acide. En France, on le trouve abondamment dans le massif des Albères au sud des Pyrénées Orientales, dans le Var dans les massifs des Maures et de l’Estérel et en Corse. Il est également très présent sur la frange littorale des forêts de pins maritimes des Landes et de Gironde. L’arbousier est une espèce assez rustique, tant et si bien que son aire de répartition remonte le long des côtes atlantiques jusqu’en Bretagne, et même au Sud de l’Irlande dans la région de Killarney, où il trouve un sol et un climat tempéré qui lui conviennent parfaitement.

Un arbre peu exigeant

L’arbousier est un arbre de croissance lente et il est rustique jusqu’à -15°C sur une période assez courte. Il peut donc être cultivé en grands bacs au nord de la Loire ou dans un espace ensoleillé et abrité à l’abri d’un mur pour les zones plus continentales de l’Ouest de la France. Il pousse aussi très bien à mi-ombre, comme dans les sous-bois de pins maritimes.
Il se multiplie par semis mais la croissance est alors très lente. De plus cette espèce est pyrophile ; le passage du feu est donc nécessaire pour lever la dormance des graines. Les boutures et le marcottage ne sont pas évidents à réussir mais c’est un arbuste assez facile à trouver en jardinerie. Et ne vous avisez pas de l’arracher dans la nature en Bretagne car c’est une espèce protégée dans cette région de France. De plus, il supporte mal la transplantation. Il faut donc bien réfléchir à son emplacement car, une fois adulte, l’arbre fait facilement quatre à six mètres de diamètre.
Son port est buissonnant et son tronc souvent court. Son écorce est écailleuse d’un gris-brun s’exfoliant légèrement, avec des branches tortueuses. Il préfère les sols acides, riches et bien drainés et une exposition ensoleillée. Il ne demande aucun engrais particulier et ni d’arrosage en été. Sa croissance peut être ralentie par des attaques de cochenilles et de thrips ; elles sont généralement bénignes et ne nécessitent aucun traitement particulier.

L'Arbousier, des fraises en hiver
L’Arbousier, des fraises en hiver

Des cultivars et des cousins grecs et américains

Des cultivars d’Arbutus unedo existent comme A. unedo ‘Compacta’ dont la petite taille convient bien à la culture en pot. Arbutus unedo ‘Rubra’ est le seul arbousier qui donne des fleurs roses au lieu des blanches classiques ; ce cultivar est aussi très résistant à la sécheresse.

Dans la partie orientale du bassin méditerranéen, il existe une autre espèce d’arbousier, Arbutus andrachne qui est présente dans les Balkans, en Grèce et en Turquie. Un hybride entre ces deux espèces Arbutus x andrachnoïdes peut également se rencontrer dans cette région sud de l’Europe. Un très bel exemplaire d’A. andrachnoides est visible au Jardin botanique de Montpellier. Cette espèce à une très belle écorce rouge orangé très lisse.
Arbutus menziesii est le cousin d’Amérique du Nord et de Colombie britannique, il peut atteindre 6 à 30 mètres et ses feuilles aussi beaucoup plus grandes que celles de ses cousins européens puisqu’elles peuvent atteindre 7 à 15 cm. Son écorce s’exfolie en longues lanières rougeâtres laissant apparaître une jeune écorce verte. Ses fleurs sont généralement blanches voire légèrement rosées.