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L’Arbousier bio ou Arbousier commun (Arbutus unedo), fraisier en arbre ou arbre à fraises, frôle ou olonie, est une espèce d’arbustes ou de petits arbres notamment répandus dans le Midi de la France de la famille des Ericaceae.

Pline l’Ancien explique ainsi son nom de « unedo » que Linné réutilisera pour le nom scientifique de l’espèce : « L’arbouse est un fruit sans mérite ; le nom qu’il porte (unedo) l’indique ; il vient de ce qu’on ne mange qu’une arbouse (unum edo) ».
Les arbouses, fruits de l’arbousier, assez méconnues en France, sont appréciées en Espagne où elles entrent dans la composition de certains gâteaux, et au nord du Maroc où les enfants les vendent au bord des routes du Rif en novembre, ainsi qu’en Algérie.
Cette espèce est considérée comme sensible au feu et pyrophile.

Description

L’arbousier est un arbre de 5 à 15 mètres de haut. L’écorce, gris brunâtre à la base, devient rougeâtre à la partie supérieure.
Ses feuilles à bordure dentée d’une dizaine de centimètres de long sont persistantes ovales, alternes, vert foncé luisant au-dessus, vert pâle dessous. Elles sont riches en tanins.
Les fleurs blanc-verdâtre, en forme de clochettes blanches pendent en grappes et apparaissent en septembre-octobre, en même temps que les fruits.
Le fruit rouge orangé à maturité est une baie charnue, sphérique, à peau rugueuse, couverte de petites pointes coniques. Toutefois, il ne faut pas le confondre avec la fraise chinoise (Myrica rubra) très similaire mais qui possède un noyau. C’est un fruit comestible, sans goût très prononcé, qui est mûr en hiver. Il est riche en vitamine C. La chair est molle, un peu farineuse, acidulée et sucrée, et elle contient de nombreux petits pépins. Les fruits mettent un an pour arriver à maturité. Il n’est pas rare de voir le même rameau porter les fleurs de l’année et les fruits mûrs nés des fleurs de l’année précédente.

Répartition

L’arbousier est présent dans l’ensemble du pourtour méditerranéen occidental, presque exclusivement sur sols siliceux, parfois sur des calcaires non actifs. Il est le compagnon du chêne liège (Quercus suber) sur sol acide.
Concernant le quart Sud-Est de la France, on le trouve abondamment dans certaines régions des Pyrénées Orientales, le Var (Maures et Estérel) et en Corse. Dans le Sud-Ouest, il est très répandu le long de la côte landaise sur les sols sablonneux compris entre Bordeaux et l’océan, et remonte au nord jusqu’au littoral de la Loire-Atlantique.
L’arbousier est une espèce assez rustique, et son aire de répartition remonte le long des côtes atlantiques jusqu’en Bretagne, et même au Sud de l’Irlande, où il trouve un sol et un climat tempéré (gelées rares).
Il porte différents noms : madroño, medronheiro, corbezzolo, albatro, Hagapfel, Meerkirsche, Westliche Erdbeerbaum, (Irish/Killarney) Strawberry Tree, Apple of Cain, Cane Apple… On en tire une liqueur, un vin distillé en brandy, du miel sarde (amaro de corbezzolo), une eau de vie portugaise (aguardente de medronho)…
Dans la partie orientale du bassin méditerranéen, il existe une autre espèce d’arbousier, l’arbousier de Chypre Arbutus andrachne, présente dans les Balkans, en Grèce et en Turquie. Un hybride entre ces deux espèces Arbutus × andrachnoides est également connu.

Peinture espagnol d'arbousier

Peinture espagnol d’arbousier

Utilisation du fruit comestible

L’écorce brun rouge est diurétique. En décoction, sa racine est utilisée contre l’hypertension. On lui attribue des propriétés anti-inflammatoires, il est également efficace contre les rhumatismes. Les feuilles, l’écorce et le fruit sont réputés astringents, et efficaces pour stopper la diarrhée (pris en décoction).
Le fruit peut être consommé cru, être utilisé pour la confection de confitures et de pâtisseries, ou fermenté pour produire une boisson alcoolisée. Il possède une très légère toxicité : consommé cru en trop grande quantité, il peut induire des coliques bénignes.
Les feuilles se récoltent à l’automne, le bois et la racine peuvent l’être à la même époque ou au printemps.

Culture

Plante essentiellement sauvage en France, bien que mentionnée comme arbuste ornemental, dont l’usage dans les parcs et jardins est répandu en Espagne.
L’arbousier est un arbre de croissance lente rustique jusqu’à -15 °C. Il se multiplie par semis ou bouturage.
Il préfère les sols acides, riches et bien drainés et une exposition ensoleillée.
L’arbousier présente une racine pivotante qui peut atteindre plusieurs dizaines de mètres.
On peut en apercevoir en zone de failles calcaires à l’aven Grotte de la Forestière en Ardèche.

Ennemis

La chenille du papillon de jour (rhopalocère) suivant se nourrit d’arbousier :
Nymphale de l’arbousier, Jason, Pacha à 2 queues, Charaxes jasius (Nymphalidae).

Cultivars

Le cultivar ‘Compacta’ est le plus adapté à la culture en pot. Le ‘Rubra’ donne des fleurs roses au lieu des blanches classiques et ce cultivar est aussi le plus résistant à la sécheresse.

Dans les arts

L’arbousier est présent sur les blasons de Madrid, El Madroño et Navas del Madroño (madroño étant le nom espagnol de l’arbousier).
L’Arbousier est une nouvelle de la romancière anglaise Ruth Rendell, dont l’action se déroule lors d’un étrange été dans l’île espagnole de Majorque, dans les Baléares.
L’arbousier est présent, dans la symbolique, dans le tableau Le Jardin des délices de Jérôme Bosch appelé aussi la peinture de l’arbousier.


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